Jack Lang « choqué » par un documentaire critique sur Mitterrand

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Source : Ojim.fr – Après avoir visionné, avant sa diffusion, un documentaire d’Arte consacré à François Mitterrand, Jack Lang a dénoncé auprès de l’AFP un document « haineux et caricatural ».

S’érigeant en gardien du temple mitterrandien, l’ancien Ministre de la Culture estime que le film, réalisé par William Karel et diffusé hier soir sur Arte, est « purement à charge, haineux et caricatural ». « C’est une succession de contre-vérités et il ne traite à aucun moment du contenu des actions menées par François Mitterrand », a-t-il ajouté.

L’actuel président de l’Institut du monde arabe s’est dit « doublement surpris, d’abord parce que William Karel a réalisé quelques bons documentaires et aussi parce qu’Arte est réputée pour sa rigueur intellectuelle, en particulier sous la présidence de Véronique Cayla », précisant par ailleurs avoir adressé un courrier à la présidente d’Arte à ce sujet.

Invité lundi matin sur France Inter, le réalisateur a confirmé que son documentaire a fait, dès le tournage, l’objet d’un boycott de la part des principales figures mitterrandiennes. Ce dernier a notamment rapporté avoir interrogé Michel Charasse qui, lorsqu’il s’est rendu compte que le sujet allait être critique, a finalement refusé d’y apparaître. Charasse aurait ensuite téléphoné à Jack Lang ainsi qu’à Hubert Védrine pour leur demander de faire de même…

Loin d’être « à charge », le documentaire tranche avec le style apologétique qui est généralement celui employé en France pour traiter l’ancien chef de l’État. Il ne fait ainsi l’impasse ni sur la période de Vichy, ni sur l’amitié avec Bousquet, ni sur les cinquante exécutions ordonnées par le ministre de la Justice pendant la guerre d’Algérie, ni sur l’espionnite aiguë du vieux chef de clan et de ses barbouzes de la « cellule antiterroriste » de l’Élysée. De quoi choquer Jack Lang en effet, lequel a appartenu audit clan.

Crédit photo : DR

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Polémique après des vidéos « malsaines » sur Arte

Polémique après des vidéos « malsaines » sur Arte
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En octobre dernier, la chaîne Arte a diffusé une étrange série de petits films d’animation ayant pour but d’expliquer la sexualité aux enfants.

Disponibles uniquement en ligne et de 23h à 5h du matin, ces courtes vidéos présentées comme « artistiques » mettent en scène une voix enfantine (qui est en fait la voix robotisée de l’auteur, John Deneuve) posant à ses parents des questions sur la sexualité.

Une sexualité pour le moins extrême. En effet, outre des sujets comme les seins ou le point G, on peut entendre la « petite fille » interroger ses parents, « Jean-Monique » et « Clara Morgane-Emmanuelle », sur l’annulingus, le « ass to mouth » ou encore la « golden shower », pratique visant à uriner sur son partenaire…

Au final, le téléspectateur qui ne fréquente pas les cercles artistiques parisiens et leurs étranges lubies en ressort on ne peut plus mal à l’aise. Un malaise qui s’est très vite fait ressentir dans les commentaires, les internautes accusant la chaîne de promotion de la pédophilie, de déviance malsaine ou de sexualisation des enfants.

Parmi le florilège de commentaires qui a suivi, un internaute dénonce : « C’est à ça que vous dépensez mon pognon bande de crevures… Incroyable. » Un autre ajoute : « À gerber. Utiliser la voix d’un enfant pour raconter ça, on est en pleine pédophilie. »

Devant cette polémique, Arte a expliqué qu’« il est urgent de rappeler que cette série de films d’animation est un produit artistique. C’est un pastiche. Ce programme est en ligne depuis deux ans sur une plateforme, uniquement sur Internet, consacrée à l’art et la culture contemporaine ». Et d’ajouter que « les vidéos d' »Éducation sexuelle » de John Deneuve ne sont pas du tout prévues pour passer sur Arte : c’est un programme web qui n’est pas diffusé à l’antenne. Ce n’est pas parce qu’il y a « éducation » dans le titre qu’il s’agit d’un programme pour enfant. La voix de « l’enfant » dans la vidéo est en réalité celle « légèrement trafiquée de l’artiste John Deneuve », une artiste française, qui vit et travaille à Marseille. Les textes sont une compilation de textes que l’on trouve en ligne sur Wikipédia et autre. »

Poursuivant sa ligne de défense, la chaîne franco-allemande souligne encore que « cette série était pour nous une manière de parler de pornographie (la plus lucrative industrie sur le net) sans la montrer, là où beaucoup la montrent sans la nommer. C’est un détournement… Nous avons mis une limitation technique empêchant de voir les vidéos la journée, et de les rendre accessibles entre 23h et 5h du matin. Ce qui équivaut à une interdiction aux moins de 16 ans. »

Et de conclure en expliquant que la polémique vient en réalité d’Alain Soral, l’essayiste à la tête d’Égalité & Réconciliation, « qui en a parlé sur Internet. Un article qui a depuis été repris par des centaines de sites ». Malgré les nombreuses justifications d’Arte, les internautes continuent à dénoncer un programme malsain, ce qui n’a pas empêché la chaîne de le maintenir en ligne.

L’« art » a (souvent) ses raisons que la raison ignore…

Voir également notre dossier Le 28 d’Arte : l’actualité autrement, mais tout pareil

Dessin : © Milady de Winter pour l’Ojim

Dossier : le 28′ d’Arte, « l’actualité autrement » mais tout pareil

Dossier : le 28' d'Arte, « l'actualité autrement » mais tout pareil
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Arte et ses émissions – même si leurs audiences progressent – restent relativement anonymes par rapport aux formats équivalents d’autres chaînes. Peu d’articles et peu de commentaires pour ce débat qui s’agite tous les soirs, sur Arte, vers 20h05. « L’actualité autrement », un slogan qui sonne comme une ambition, une incantation. Ou une diversion ?

L’OJIM a suivi les deux dernières semaines du mois de septembre la façon dont le 28′ d’Arte traitait les sujets d’actualité, « autrement » comme cela est annoncé par la présentatrice de cette émission, Élisabeth Quin. Précisons que la société de production de cette émission est la société ALP (« Adventure Line Productions » [1]), qui a l’audace intellectuelle de réaliser des programmes d’une intensité rare tels que « Au secours, ma maison s’écroule », « Belle toute nue », « Koh Lanta » ou encore « Fort Boyard ». Ce simple élément annexe nous laisse déjà perplexe quant à l’ambition d’une autre actualité.

D’emblée, nous apprenons que le 28′ est un magazine « 100 % bimédia, interactif et participatif ». Nous voilà rassurés. Un seul média nous enfermait, un bimédia devrait ouvrir notre regard sur le monde. Comment a été sélectionné ce second média ? Nous a-t-il été imposé par la technique ou est-ce un outil supplémentaire pour parvenir à attraper « l’autre information » ? Qui met en œuvre ce second média ? Autant de questions qui restent sans réponse.

Qui sont les héros habituels de cette « autre » information [2] ? Nadia Daam, Guillaume Roquette, Renaud Dély (plaisamment surnommé « délit d’opinion ») ou encore Claude Askolovitch. Nous rencontrons toujours les mêmes « marques » dans leur biographie : « Libération », « Le Figaro », « France Inter », « Le Nouvel Observateur », « Le Monde »… avec un léger penchant à gauche pour autant que ce mot veuille encore dire quelque chose.

Par curiosité, intéressons nous à l’une des deux journalistes présentes (et moins connues) tous les soirs sur le petit écran : Nadia Daam. Le rituel du 28′ consiste à ce qu’elle ouvre le débat en posant une question aux invités, question qui vient d’un internaute (qui est cet internaute, comment sa question a-t-elle été sélectionnée, au nom de quel(s) critère(s), le mystère demeure). La lecture d’un de ses propos, rapportés par un article du « Bondy Blog », ne nous lasse pas. À la suite du 21 Avril 2002, Nadia Daam explique : « Ce fut un tel choc pour moi que j’ai démissionné de Libé pour aller vivre à l’étranger, au Mexique » [3]. C’est tout à fait le genre d’actes qui nous rassure quant à la capacité intellectuelle d’aller à la recherche d’une autre information. Rassurons nous elle est revenue… Un point de vue peut-être un peu biaisé et fort bien narré par un journaliste du Monde, dans un récent article [4].

Venons-en au fond

Les sujets nous sont apparus comme largement occidentalisés et européo-centrés. Nous comprenons que nous sommes sur la chaîne franco-allemande mais l’information autre n’est-elle pas aussi une information décentrée ? Sur la période concernée, les sujets traités vont de Obama à Marcel Duchamp en passant par la Cour Européenne des Droits de l’Homme, l’engagement français en Irak, la crise franco-allemande, le retour de Sarkozy… Quelques sujets exotiques sont évidemment là pour donner le change mais la dominante « occidentale » aggrave nos suspicions quant à la validité du message d’accroche initial : «l’actualité autrement ».
Les sujets de cette émission sont donc consensuels : par leur choix (l’État providence, la condition noire…), par la façon dont ils sont traités et par les invités présents sur le plateau. Le nombre d’invités (entre trois et quatre) est supposé garantir un point de vue équilibré et contradictoire. Cela ne doit pas faire illusion puisque les invités sont souvent des habitués des grands médias délivrant des messages formatés, immédiatement comestibles et qui ne froissent pas par leur impertinence ou qui suivent la doxa du politiquement correct. C’est le cas lorsque Claude Askolovitch assène une vérité le 26 septembre 2014 : « on a perdu le débat des idées contre le FN ».

Le 24 septembre 2014, sur le plateau du 28′, il était encore possible d’entendre plusieurs personnes s’interroger ingénument sur le « déclin de la puissance américaine dans le monde », et sur « son interventionnisme modéré » Ce n’est pas le meilleur endroit pour débattre de géopolitique mais force est de reconnaître que la profondeur et le recul historiques ne semblent pas être des attributs de « l’autre actualité ». En effet, la liste des interventions extérieures des États-Unis depuis 1945 devrait suffire à rappeler que l’interventionnisme américain n’est pas « modéré », hier comme aujourd’hui. Que le Vietnam, comme la Somalie, comme Cuba, comme l’Afghanistan, comme l’Irak et bien d’autres n’ont pas été l’objet d’un interventionnisme « modéré ». Le plus inquiétant réside dans cette assertion relative au « déclin de la puissance américaine dans le monde ». Elle traduit une conception linéaire et progressiste de l’Histoire, démentie par la réalité plurielle du monde. Ce propos sous-tend une inquiétude face à un monde qui ne serait plus aussi manichéen, plus aussi univoque qu’auparavant, un monde où les États-Unis ne seraient plus forcément les gendarmes du monde. Sur le registre du regret.

Même sur les sujets plus sociétaux, les concepts fixistes sont mis à l’honneur. Exemple avec l’émission du 24 septembre 2014 qui débute ainsi : « Obama est-il de gauche » ? Exemple édifiant de la lecture française d’une réalité américaine qui n’apparaît pas immédiatement transposable.

Malgré la multiplication des formats et des images : « l’actualité en images », « Le Rétroviseur », « Désintox » (rubrique reprise de Libération), « Vu d’ailleurs », « Le drone » ou les caricatures, rien n’y fait. Malgré ces apparats du Nouveau Monde et de la technologie avancée du XXIe siècle, les idées qui prévalent sur le plateau sont celles de l’Ancien Monde, celui du XXe siècle, celui de l’Europe toute-puissante (ou des États-Unis) et de la simplicité idéologique.

Bien sûr, il n’y a que peu de prises de position. Le format est lisse, fluide et les intervenants extérieurs professionnels. Mais l’autre actualité, vantée en début d’émission, est-elle accessible par ces moyens ? Cette débauche d’énergie, de journalistes et d’artefacts techniques sert-elle l’autre actualité ou permet-elle de masquer le fait que ce nouveau monde, instable et bigarré, lui échappe et/ou qu’elle ne lui plaît pas ?

Ceux qui font cette émission évoluent dans un même milieu, dans les mêmes rédactions, fréquentent les mêmes dîners et finissent par penser la même chose. Ne leur jetons pas la pierre car qui pourrait les contraindre à changer de vision du monde, à sortir d’une zone de confort qu’ils ont toujours pratiquée, à s’émanciper d’une pensée tiède qui fait tourbillonner de grands idéaux pour mieux éviter la réalité crue ?

L’ambition de l’émission est pourtant légitime. Qui n’a pas souhaité voir « l’actualité autrement » ? Qui ne serait pas heureux de se voir proposer une actualité « autre » ? Ce transbordement des méthodes de vente et de publicité à un journal qui se positionne comme unique nous interroge : pourquoi utiliser de telles méthodes de persuasion, finalement semblables à d’autres chaînes, pour faire progresser « l’autre » actualité ? Pourquoi cette débauche de flagorneries sémantiques ? Si les outils utilisés sont identiques, la finalité pourra-t-elle être différente ?

La multiplication des façons de voir une réalité toujours présentée sous le même angle, selon les mêmes biais, ne fait qu’exacerber le besoin de vérité et de ré-information, ce même besoin qui s’affiche de plus en plus sur les réseaux sociaux. A quand un débat sur le pourquoi d’un tel fleurissement des sites de ré-information depuis quelques années ? Qu’est-ce que « l’information autrement » ? De tels questionnements permettraient à 28′ d’aborder enfin le cœur de sa problématique et de son positionnement.


Notes

[1] toutelatele.com/marathon-tele-images-alp-naissance-d-un-holding-de-producteurs-269

[2] 28minutes.arte.tv/tout-sur-28/

[3] bondyblog.fr/201410101300/les-multi-talents-de-nadia-daam/

[4] lemonde.fr/idees/article/2014/09/15/regard-biaise_4487627_3232.html

Arrestation de deux journalistes français en Papouasie

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Source : ojim.fr

C’est parce qu’ils voulaient couvrir, pour la chaîne de télévision Arte, un conflit méconnu et oublié que deux journalistes français ont été arrêtés par la police indonésienne.

Thomas Dandois et Valentine Bourrat ont en effet été placés en détention alors qu’ils entamaient un reportage sur les rebelles séparatistes papous. Lors de leur arrestation, ils se trouvaient en compagnie de trois membres du Mouvement de la Papouasie libre (OPM), une organisation en lutte contre le pouvoir indonésien accusé d’exploiter les Papous. La région où vivent les Papous est en effet dotée d’un sol très riche en ressources naturelles et est l’objet de nombreuses convoitises. L’OPM accuse ainsi l’armée indonésienne, fortement corrompue, de persécuter et d’exploiter la population Papoue au profit de grands groupes miniers ou spécialisés dans la coupe et le commerce du bois.

Les autorités indonésiennes justifient cette arrestation par le fait que les journalistes sont entrés sur leur sol avec des visas de tourisme et effectuaient donc un « travail illégal ». Dans ce genre de situation, les journalistes étrangers sont généralement rapidement expulsés.

« Nous sommes en contact constant avec eux, nous sommes en relation avec le ministère indonésien des Affaires étrangères et la police, à la fois à Jakarta et en Papouasie », a indiqué l’ambassade de France.