Pourquoi l’Etat va subventionner les jeux vidéo violents

claude_chollet
Par défaut

Il y a ceux, comme le député PS Jacques Cresta, qui croient discerner un lien entre les jeux vidéo dits violents et les attentats de janvier 2015. Et puis il y a le gouvernement, qui s’apprête à réformer les subventions accordées à l’industrie du jeu vidéo, de manière à y inclure les jeux destinés aux plus de 18 ans, qui en étaient jusqu’à présent exclus.

La secrétaire d’Etat au numérique, Axelle Lemaire, a annoncé mercredi 29 avril sur son compte Twitter avoir apposé sa signature à un décret en ce sens, qui fait suite à deux amendements votés en décembre 2013 et dont l’industrie attend toujours la mise en application.

  • Quels jeux sont concernés ?

Le gouvernement est sur le point d’élargir le dispositif de crédit d’impôt aux « jeux vidéo spécifiquement destinés à un public d’adultes et qui sont commercialisés comme tels, sous réserve du caractère significatif de leur contribution au développement et à la diversité de la création française et européenne ».

Concrètement, les jeux vidéo français étiquetés « + 18 » par l’organisme de classification européen, le PEGI, pourront désormais bénéficier d’une prise en charge de leurs coûts de développement à hauteur de 20 % de ceux-ci. Des titres comme Dishonored (développé par les Français d’Arkane Studios), Heavy Rain (Quantic Dream), ou encore ZombiU (Ubisoft Montpellier) auraient été concernés si la mesure avait été en place au moment de leur développement.

  • Le décret est-il d’ores et déjà effectif ?

Pas encore. Il le sera lorsque à la signature d’Axelle Lemaire se seront ajoutées celles du secrétaire d’Etat au budget, Christian Eckert, du ministre des finances, Michel Sapin, et du premier ministre, Manuel Valls. « Tout le monde est d’accord, mais pour des raisons un peu obscures, cela avance trop doucement » déplore Guillaume de Fondaumière, président du syndicat national du jeu vidéo et le directeur du studio Quantic Dream. Ce dernier rappelle que sous la pression de son industrie, le Québec a récemment relevé son dispositif de soutien aux jeux vidéo par un crédit d’impôt à 37,5 %.

Lire : Le Québec ne veut pas perdre l’industrie du jeu vidéo (abonnés)

  • Pourquoi financer des jeux vidéo dits violents ?

Essentiellement pour des raisons économiques : la France, qui comptait à la fin des années 1990 parmi les principaux producteurs mondiaux de jeux vidéo, a depuis reculé au huitième rang, tandis que le Québec drainait les talents hexagonaux, jusqu’à s’imposer aujourd’hui comme la plus grosse usine à blockbusters du monde.

Le Québec a bâti son industrie sur une politique fiscale agressive. C’est la raison pour laquelle la France a mis en place un système similaire, quoique de moindre ampleur, en 2007. Néanmoins, ce dernier n’a eu qu’un impact limité, car les jeux vidéo « +18 », qui correspondent souvent aux grosses productions générant le plus d’emploi et de ventes, en sont exclus.

Lire aussi : Non, la France n’est pas le deuxième producteur mondial de jeux vidéo

  • Quel est le poids commercial des jeux « + 18 » ?

De GTA V à Assassin’s Creed Unity en passant par Watch Dogs, sept des jeux vidéo les plus vendus en France en 2014 (en valeur) sont estampillés « PEGI 18 », selon un rapport du Syndicat des éditeurs de logiciels de loisir (Sell), et ceux-ci représentent un tiers des ventes au total.

Selon le classement hebdomadaire du Sell, les meilleures ventes actuelles sont une fois encore réalisées par des titres réservés aux adultes (GTA V, Mortal Kombat X) ou aux plus de 16 ans (Bloodborne), seuls les meilleurs titres Nintendo et PS Vita faisant exception.

Or la France compte quelques gros studios, comme Quantic Dream (Heavy Rain, Beyond : Two Souls), et surtout Arkane (Dishonored) qui ont été remarqués sur la scène internationale pour des jeux vidéo à grand budget classés « +18 », et qui menacent de délocaliser leur production.

  • Les jeux vidéo « +18 » sont-ils si violents ?

Selon le descriptif du PEGI, cette classification s’applique « lorsque le degré de violence atteint un niveau où il rejoint une représentation de violence crue et/ou inclut des éléments de types spécifiques de violence », et de manière générale, « les représentations de violence qui donnent au spectateur un sentiment de dégoût ».

La production de jeux adultes est hétérogène et certains de ces titres sont bel et bien capables de susciter un sentiment de malaise par leur violence morale gratuite.

Lire aussi : Non, les jeux vidéo ne forment pas des djihadistes, mais…

Néanmoins, il serait exagéré de réduire l’ensemble de la production estampillée « +18 » à ces cas extrêmes. ZombiU est avant tout un simple jeu de zombie, Mortal Kombat patauge depuis longtemps dans l’humour gore, et des jeux de guerre d’apparence bas du front cachent parfois des vraies réflexions pacifistes, comme Spec Ops : The Line.

L’organisation reconnaît elle-même que « la violence crue est la plus difficile à définir, car, dans de nombreux cas, elle peut être très subjective ». En l’occurrence, le système de classification des jeux vidéo est beaucoup plus sévère que celui des films. Le long-métrage Quantum of Solace est classé « tous publics » tandis que son adaptation en jeux vidéo avait été estampillée « déconseillé aux moins de 16 ans ». De même, Alien : le huitième passager avait été interdit aux moins de douze ans, alors que le récent jeu vidéo Alien : Isolation, qui lui fait immédiatement suite et s’inscrit dans sa continuité, a lui hérité d’un logo « PEGI 18 ».

« Le système de classification français des films est l’un des moins sévères au monde, épingle Guillaume de Fondaumière, alors que le PEGI, qui est un organisme paneuropéen, est ajusté sur les critères des pays les plus stricts, en l’occurrence l’Islande. »

Et de citer l’exemple de Heavy Rain, un jeu d’enquête inspiré des séries américaines qui a hérité d’un « PEGI 18 » en Europe et d’un label « +15 » par l’organisme équivalent australien. En France, Quantic Dream en avait commercialisé une version édulcorée d’une scène d’interrogatoire interprétable comme de la torture, afin de bénéficier d’un classement « +16 » et des crédits d’impôt attachés.

  • Tous les jeux violents seront-ils éligibles ?

Non. Les jeux vidéo pornographiques ou d’une violence jugée extrême, à partir d’un système de malus, ne rentreront pas dans le cadre de nouvelle version du crédit d’impôt.

L’évaluation des jeux recevables au dispostif repose en effet sur un ensemble de critères apportant des points au dossier (par exemple, la présence d’un scénario, des mécaniques de jeux originale, des textes dans plusieurs langues européennes ou encore des dépenses artistiques équivalentes à 50 % du budget). La violence sera motif de retrait de point lorsqu’elle présentera, selon le décret, un caractère « disproportionné et gratuit » ou « cru et détaillé dans un environnement visuellement réaliste ».

( source )
Publicité

Un Carré Hermès au profit de la restauration du château de Versailles

claude chollet
Par défaut

Le carré de soie « Promenade à Versailles » est le fruit de l’association de deux maisons prestigieuses, qui incarnent le savoir-faire et l’excellence à la française. La composition du carré, inspirée par les canaux qui structurent le parc du Château, dessine un réseau de vignettes qui rendent hommage aux lieux les plus célèbres de Versailles. On déambule ainsi de la chambre du Roi à la galerie des Glaces, sans oublier les bosquets et la grande perspective dessinés par André Le Nôtre. Le dessinateur Pierre Marie a privilégié la simplicité et la clarté du trait pour mieux faire écho au classicisme du Grand Siècle.

« La rencontre de deux maisons emblématiques de la France et qui défendent les mêmes valeurs, m’a semblé une évidence » déclare Catherine Pégard, présidente de l’Etablissement public du château, du musée et du domaine national de Versailles. « Aujourd’hui, Versailles et Hermès réaffirment ensemble leur détermination à défendre le patrimoine à travers la création. »

Le carré « Promenade à Versailles » sera vendu en avant-première par souscription du 1er mai au 31 juillet 2015 :
– Prix unitaire : 335 €
– Livraison : à partir de décembre 2015
– Site : www.chateauversailles.fr/promenadeaversailles

Les bulletins de souscription peuvent être retirés :
– À la Librairie des Princes, Château de Versailles
– Chez Hermès au 24, rue du Faubourg-Saint-Honoré, 75008 Paris

( source )

Catherine Pégard : « Il est faux de dire que… par franceinter

lire aussi : Un carré pour le château : l’humanitaire à la versaillaise

Ci dessous image en haute qualité

claude-chollet

La culture méconnue des Thraces révèle sa splendeur au Louvre

claude chollet
Par défaut

Cette civilisation raffinée à la confluence des influences perses, romaines et macédoniennes, entendit rivaliser avec Rome et Athènes dans le domaine des arts, à défaut d’y être parvenue militairement et politiquement.

« La Thrace ancienne est surtout célèbre pour ses pièces d’orfèvrerie uniques », rappelle Milena Tonkova, l’une des commissaires de l’exposition (15 avril-20 juillet), où certaines oeuvres sont montrées pour la première fois.

Mais « ce ne ne sera pas la énième exposition en France sur l’or des Thraces: c’est une occasion pour le public de voir cette culture d’une manière plus large », souligne Françoise Gaultier, directrice du département Antiquités grecques, étrusques et romaines au Louvre.

Vases d’or

Tout en or, le trésor de Panagurichté, datant du début du 3e siècle avant J.-C. et finement ciselé de scènes mythologiques, sera un temps fort de l’exposition, avec une amphore, un plateau orné de têtes de Noirs et sept rhytons (vases en forme de corne) parés de têtes d’animaux.

Cette splendeur « traduit une volonté du souverain thrace de se montrer l’égal de ses voisins, les héritiers d’Alexandre le Grand qui buvaient du vin dans des vases d’or, comme les dieux », explique le professeur bulgare Totko Stoïanov, également commissaire de l’exposition.

Les Thraces peuplaient l’est de la péninsule balkanique (la Bulgarie actuelle, la Turquie d’Europe, le nord de la Grèce et le littoral danubien de la Roumanie) avant d’être envahis par les Celtes et conquis par l’Empire romain. Leur culture est marquée par le voisinage avec les Grecs, mais aussi par l’art perse achéménide.

Les trésors thraces ont naguère permis à la Bulgarie de s’ouvrir au monde à l’époque communiste, les objets d’orfèvrerie parcourant les salles d’exposition mondiales du Mexique à l’Inde et au Japon.

claude chollet

La tête de Seuthès III

Le Louvre, dont c’est la première exposition sur le sujet, se fixe cependant un objectif différent: celui de mettre en perspective cette civilisation.

« Nous voulons montrer les Thraces comme des acteurs du monde antique, au même titre que les Grecs, les vieux Macédoniens ou les Romains », explique Alexandre Baralis, commissaire français.

La naissance et l’évolution du royaume des Odryses, le plus brillant sans doute de Thrace, de 479 à 278 av. J.-C., du départ des Perses à l’arrivée des Celtes, est illustrée par une variété d’objets archéologiques pour certains inédits.

Quatre tombes thraces découvertes au centre de la Bulgarie, remarquables par leur richesse et jamais montrées au public, seront notamment reconstituées au Louvre.

Avec pour clou de l’exposition la tête en bronze, grandeur nature, du roi odryse Seuthès III (320-280 av. JC), aux yeux en alabastrite à la vivacité étonnante. Ce souverain fut enterré avec sa couronne d’or, son armure, des coupes à boire et même des dés en verre.

« Ce visage de Seuthès va personnaliser auprès du public la Thrace antique », souligne M. Baralis.

Une autre image de la Bulgarie

Pour les autorités bulgares, qui ont signé un accord de coopération de cinq ans avec le Louvre, cette exposition va également offrir une autre image du pays, jusqu’à présent surtout connu pour ses plages sur la Mer Noire.

« L’exposition au Louvre nous offre un tremplin pour promouvoir le tourisme culturel », souligne la ministre du Tourisme, Nikolina Anguelkova. « La Bulgarie a un des plus riches patrimoines d’Europe », rappelle le ministre de la Culture, Vejdi Rachidov.

Ces dernières années, une dizaine de tumulus thraces ont été aménagés pour accueillir les touristes dans ce pays qui compte également des centaines de monastères orthodoxes aux riches peintures murales.

La coopération avec le Louvre a par ailleurs permis la restauration, financée par la France, « d’objets d’art auxquels les musées bulgares n’avaient pas les moyens de toucher depuis un siècle », se félicite Bojidar Dimitrov, directeur du musée historique national.

Deux expositions venant du Louvre sont prévues l’été prochain en Bulgarie, dont l’une autour du trésor romain de Boscoreale, découvert dans les cendres d’une villa romaine sur les pentes du Vésuve.

claude chollet( source )

Un vigneron bio poursuivi pour refus de traitements insecticides

Par défaut

Pour avoir refusé de traiter sa vigne avec des insecticides, contrairement aux injonctions préfectorales pour lutter contre une maladie mortelle pour la plante, un vigneron bio de Bourgogne est convoqué devant la justice. Thibault Liger-Belair est viticulteur de nuits-saint-georges et de moulin-à-vent, cette dernière appellation étant à cheval entre le Rhône et la Saône-et-Loire, où la réglementation n’est pas la même.

Un contrôle effectué en novembre 2013 sur ce deuxième domaine a mis en évidence le non-respect de l’arrêté de la préfecture de la Saône-et-Loire, a expliqué le producteur à l’Agence France-Presse, confirmant une information du site Basta!. « J’ai fait valoir que je ne traitais pas [mes vignes] car la préfecture du Rhône ne l’exigeait pas et que je suis entre les deux départements », a-t-il poursuivi. Selon M. Liger-Belair, le foyer de la maladie – la flavescence dorée – se situe à Plottes, soit à quelque 40 km de là. Par ailleurs, la pathologie est présente sur un cépage chardonnay, alors que lui cultive du gamay.

Ses arguments ne semblent pas avoir convaincu puisque le vigneron doit se présenter le 19 mai devant le tribunal correctionnel de Villefranche-sur-Saône, dans le Rhône, pour « refus d’effectuer les mesures de protection des végétaux ».

« Dommages collatéraux »

Apparue en 1949 en Armagnac, dans le Sud-Ouest, la flavescence dorée est une maladie incurable de la vigne véhiculée par un insecte, la cicadelle. Jaunisse végétale, elle provoque un jaunissement des feuilles et un dépérissement du raisin. Les traitements insecticides sont censés tuer la cicadelle et donc éviter une propagation de la maladie, mais ils posent d’énormes problèmes aux viticulteurs engagés dans la voie de l’agriculture biologique.

« J’ai des convictions et elles m’appellent à utiliser ces traitements avec parcimonie. La meilleure des luttes est la prospection et je m’interdis tout traitement préventif », a argué Thibault Liger-Belair. Et ce dernier de souligner « les dégâts collatéraux » de l’utilisation de ce type de produits, notamment sur le « capital du sol et de la vigne ».

En décembre dernier, Emmanuel Giboulot, un autre vigneron bio bourguignon, avait été relaxé en appel à Dijon pour avoir refusé de traiter sa vigne contre la flavescence dorée. Contactée par l’AFP, la préfecture de Saône-et-Loire n’a pas donné suite dans l’immédiat.

Lire aussi : Le viticulteur bio condamné dénonce « une pensée unique sur les pesticides »

Lire le compte-rendu du procès : Procès du viticulteur bio : « Je n’ai pas traité mes vignes et je l’assume »

( source )

Un lauréat du prix Pulitzer quitte le journalisme pour payer son loyer

claude-chollet
Par défaut

Symbole de la précarité de la profession, Rob Kuznia, l’un des trois reporters du Daily Breeze récompensé lundi par un prix Pulitzer pour une enquête sur la corruption dans une école, n’est aujourd’hui plus journaliste pour des raisons financières

En effet, comme le rapporte le site LA Observed, ce dernier a quitté son poste pour devenir attaché de presse car son salaire de journaliste ne lui permettait plus de payer son loyer. « Nous lui avons parlé cette après-midi et il a admis avec douleur son regret de ne plus être un journaliste, mais il a dit que c’était trop difficile de joindre les deux bouts avec son salaire au journal tout en louant un appartenant dans la région de Los Angeles », raconte le site.

Rob Kuznia, qui s’est exprimé également dans le New York Times, a tenu à expliquer qu’avant de quitter son poste, il avait néanmoins été augmenté. « Je ne veux pas que cela donne l’impression qu’ils n’étaient pas au courant. Mais ce n’était juste toujours pas assez », a-t-il regretté avant d’écarter l’idée d’un retour au journalisme.

Crédit photo : DR

France Télévisions condamné à verser 113 000 euros à l’une de ses employées

claude chollet
Par défaut

France Télévisions a été condamné à payer 113 000 euros à l’une de ses employées suite à une affaire de harcèlement moral et sexuel.

Après une enquête interne, le groupe public avait en effet licencié, en 2012, l’un des rédacteurs en chef adjoint de son antenne du Centre Val de Loire, qui s’était vu accuser de harcèlement moral et sexuel par certains employés.

Cependant, l’une des victimes présumées du journaliste, bien décidée à exiger des réparations, avait porté l’affaire, quelques mois plus tard, devant les tribunaux en réclamant la copie de documents internes pour appuyer sa bonne foi.

Mais face au refus de France Télévisions, le conseil des prud’hommes d’Orléans avait ordonné sous astreinte, en juin 2013, la communication immédiate des preuves. Le groupe public avait alors fait appel de cette décision avant d’être débouté un an plus tard.

Finalement, il aura fallu attendre février 2015 pour que le tribunal d’Orléans prenne enfin possession des pièces demandées. L’astreinte ayant été fixée à 100 euros par jour de retard par le juge, France Télévisions se retrouve désormais contraint de verser 113 000 euros à son employée.

Une décision à nouveau contestée par le groupe public, qui compte une nouvelle fois faire appel.

Crédit photo : DR

( source )

La Catalogne veut en finir avec la mythique sieste espagnole

claude-chollet
Par défaut

Les Espagnols sont habitués à vivre de façon décalée par rapport à leurs voisins européens, en ne sortant pas du travail à 20 heures et en dînant vers 22 heures. Crédits photo : GUILLAUME SOUVANT/AFP

Le gouvernement de la région espagnole a promis de proposer des mesures d’ici juillet en vue d’abandonner la journée de travail traditionnelle, longue et tardive, pour adopter des horaires allant de 9 heures à 17 heures.

Le pays endormi à l’heure de la sieste, les entreprises injoignables avant dix heures et les restaurants où il n’y a personne avant 22 heures: voilà le portrait robot de l’Espagne dans l’imaginaire européen. Mais tout ces clichés devraient bientôt changer. En Catalogne, tout du moins. Le gouvernement régional l’a promis: d’ici juillet, des mesures concrètes seront proposées afin d’adapter les horaires de travail aux habitudes du reste de l’Europe, et ainsi mettre fin aux journées longues et tardives des Espagnols. Au programme: une journée de travail moins étalée et avec moins d’interruptions, qui permet de terminer plus tôt.

Certes, les mesures légales ne sont pas encore adoptées. Mais l’annonce a son importance, après des années de débat sur le sujet et alors qu’aucune région espagnole n’a jusqu’ici osé remettre en cause le fonctionnement actuel. «Le temps des décisions est venu», a confirmé Francesc Homs, porte-parole du gouvernement catalan. Il a annoncé cette mesure mardi, lors de la présentation du Plan annuel 2014 pour la rationnalisation des horaires de travail. Ce document résulte d’une initiative citoyenne menée par le militant de longue date Fabián Mohedano, rappelle El Pais. «La question n’est plus de savoir si cette décision sera prise, mais plutôt comment», s’est réjoui le militant auprès du Guardian.

En Espagne, la journée de travail, dite «journée divisée» («jornada partida»), commence aux alentours de 9 heures. Une première pause survient généralement à 11 heures, destinée au petit-déjeuner ou à une collation. La journée se poursuite ensuite jusqu’à 14 ou 15 heures, l’heure du déjeuner. Et de la fameuse sieste, dans l’imaginaire collectif. Retour au travail une à deux heures plus tard, pour rarement terminer la journée avant 20 heures.

Améliorer sommeil, vie familiale et productivité

Un marathon en plusieurs étapes qui agace de plus en plus d’Espagnols. «Comment serait notre vie si l’Espagne adoptait des horaires sensés», se demandait ainsi au début du mois de mars El Pais. Car experts et citoyens avancent depuis plusieurs années des arguments en faveur d’une modification de ce mode de vie. Fatigue, manque de concentration et de productivité, difficulté à concilier vie professionnelle et familiale, échec scolaire… Autant de maux régulièrement imputés aux horaires de travail spécifiques à l’Espagne.

D’après les chiffres de l’OCDE, les Espagnols ont travaillé en moyenne 1686 heures en 2012, soit près de 300 heures de plus qu’en Allemagne, 275 de plus qu’au Danemark ou 200 de plus qu’en France. En revanche, sur le plan de la productivité, l’Espagne se classe treizième à 32,1 euros par heure travaillée contre 53,4 au Danemark, 45,6 pour la France. Les Britanniques, dont la moyenne annuelle d’heures travaillées est plus élevée que pour l’Espagne, sont eux aussi plus productifs avec un score de 39,2. Sans compter que les Espagnols dorment en moyenne une heure de moins que leurs voisins européens, qu’ils pratiquent moins la sieste que les Allemands ou les Britanniques et que les horaires d’école ne s’accordent pas avec ces journées.

//data.oecd.org/chart/4hxD

L’accord que l’exécutif catalan entend proposer pour changer cette situation s’appuierait à la fois sur des modifications législatives et des accords avec les partenaires sociaux. La pause du déjeuner serait raccourcie et la journée condensée afin de permettre un horaire de dîner vers 20 heures. Le gouvernement catalan souhaite mettre en place ce plan dans le courant à la fin de l’année. D’autres mesures y figurent, comme l’abandon de «l’heure Franco», qui veut que l’Espagne soit calée sur le fuseau horaire allemand, en décalage avec le soleil. La majorité devra toutefois résister aux élections législatives prévues en septembre pour mener à bien le projet.

Difficile également savoir si la mesure pourrait faire des émules dans d’autres régions. Une législation nationale sur ce sujet avait été envisagée en 2013, sur proposition d’un député, sans que cela aboutisse. Et le militant Fabián Mohedano craint précisément que la volonté catalane ne soit bridée par l’absence de soutien de Madrid. «Il y a des limites aux compétences du parlement catalan», a-t-il pointé auprès du Guardian, soulignant que les frictions nationalistes entre la capitale et Barcelone n’aideront sans doute pas à la coopération. Or certaines mesures, telle que l’adaptation des programmes télévisés, déjà proposée, doivent permettre d’accompagner cette révolution culturelle. Les chaînes publiques de la RTVE se sont d’ores et déjà engagées dans ce processus en mars,, en démarrant les programmes du «prime-time» plus tôt et en les terminant vers 23 heures, après avoir reçu de nombreuses critiques autour du programme MasterChef Junior, diffusé entre 22h30 et 0h30 en semaine. La mesure n’a cependant rien d’obligatoire. Reste que pour la première fois, même si ce n’est qu’en Catalogne, des engagements politiques ont été pris pour renverser ces horaires de la discorde.

source : Le Figaro

Épave retrouvée : 50 millions de dollars sous les mers

claude chollet
Par défaut

INFO LE FIGARO – Coulé par un sous-marin allemand le 6 novembre 1942 dans l’Atlantique sud, le navire britannique City of Cairo transportait un trésor estimé à 50 millions de dollars. Il a été récupéré par une équipe franco-britannique au large des côtes africaines par 5150 mètres de fond. Du jamais vu.

claude chollet

«Une belle histoire à raconter», reconnaît Nicolas Vincent, directeur des opérations pour Deep Ocean Search (DOS). Le groupe spécialisé dans la recherche sous-marine en eaux profondes a en effet levé le voile sur sa dernière découverte. Rien de moins que l’épave du City of Cairo, localisée à l’ouest de la Namibie. Le navire britannique coulé durant la Seconde guerre mondiale est certes moins célèbre que le Titanic mais il est connu pour sa précieuse cargaison.

claude chollet Le bateau a en effet été torpillé par un sous-marin allemand le 6 novembre 1942 alors qu’il transportait 7422 tonnes de marchandises et surtout 2182 coffres remplis de pièces d’argent. Au total, le navire convoyait près de 100 tonnes d’argent, alors propriété du Trésor britannique. A 16,55 dollars l’once, le montant de ce trésor s’élève à près de 50 millions de dollars… De quoi éveiller les intérêts.

claude chollet

Prouesse technique

Mais jusqu’à présent, aucun expéditeur n’était parvenu à localiser le steamer anglais. Et pour cause, il a été retrouvé à plus de 5150 mètres sous les mers par les chercheurs français travaillant pour DOS. Une très grande partie des 100 tonnes d’argent a en outre été remontée à la surface: jamais aucune cargaison n’avait été récupérée à une telle profondeur. Une prouesse technique saluée par la profession: «Ce projet est révolutionnaire, une nouvelle ère vient de s’ouvrir dans les opérations de recherches en eaux profondes», concède un spécialiste américain de la recherche d’épave. A titre de comparaison, le Titanic gît au sud de Terre Neuve par 3 800 mètres de fond et à cette distance, les scientifiques avaient eu toutes les peines du monde à localiser l’épave et récupérer des biens du célèbre paquebot.

claude chollet

Mais la découverte du City of Cairo ne s’est pas faite en un jour! John Kingsford, fondateur de la société qui a retrouvé le navire, a débuté le travail d’archive en 1984. Parallèlement, il a conclu un accord avec le gouvernement britannique, propriétaire de la marchandise.

claude chollet

«Good Night, Sorry for Sinking you»!

«La découverte d’une épave comme celle du City of Cairo montre au grand public les destins tragiques de passagers et membres d’équipage de la marine marchande pendant la Seconde guerre mondiale. Ces faits historiques sont peu connus. Nous sommes fiers de participer à ce devoir de mémoire», conclut John Kingsford. Une nouvelle page de Good Night, Sorry For Sinking You, livre de Ralph Barker consacré à ce naufrage, va pouvoir s’écrire.

source : Le Figaro

Salarié à Radio France, une vie de pacha ?

claude chollet
Par défaut

Voilà maintenant des semaines que la grève à Radio France dure. Si les revendications sont très floues aux yeux du grand public, 218 journalistes titulaires du groupe ont néanmoins signé dans le Nouvel Obs une tribune dans laquelle ils interpellent Mathieu Gallet, le PDG, et Fleur Pellerin, la ministre de la Culture.

Face à des « changements profonds » des conditions de travail à venir, les signataires expliquent s’inquiéter de la situation de ce qu’il convient d’appeler les « précaires » du groupe. « Disponibles 24 heures sur 24, appelés à travailler parfois la veille ou le jour même, dans toutes les rédactions de l’entreprise (France Culture, France Info, France Inter, France Musique, FIP, Mouv’ et les 44 radios locales de France Bleu), ils sont soumis à une astreinte qui ne dit pas son nom et qui n’est donc pas rémunérée », clament-ils.

Et ces derniers de dénoncer un « système illégal » de reconduite de CDD à outrance. « N’importe quel conseil des Prud’hommes requalifierait cette situation en CDI. Mais nos jeunes confrères n’ont d’autre choix que de subir cette période d’essai interminable : ce système est la seule voie d’accès à un CDI à Radio France », estiment les signataires.

Et de conclure : « Le sort de ces journalistes précaires nous importe. Ce sont nos collègues. Comme nous, ils travaillent exclusivement pour Radio France. Sans eux, nos antennes ne fonctionnent pas. Ces dernières semaines, ils n’ont pas fait grève. Impossible de cesser le travail, par peur de le perdre. »

À première vue, le procédé semble louable : s’indigner des conditions de travail des précaires du groupe est une chose on ne peut plus recevable. Pourtant, alors que la grève dure depuis des semaines (la plus importante de l’histoire de Radio France) et qu’il faut bien justifier cette action, c’est à se demander ce que les salariés de la Maison Ronde tentent de masquer en braquant soudain les projecteurs sur leurs confrères en CDD.

La cour des comptes a peut-être apporté un début de réponse au début du mois. Dans un rapport accablant, les hauts magistrats dévoilent les avantages confortables dont jouiraient les salariés de Radio France.

Tout d’abord, ces derniers se verraient accorder de généreuses vacances : jusqu’à 56,5 jours par an, RTT inclus, pour les personnels techniques et même jusqu’à 68 jours pour les journalistes ! Qui plus est, les congés ne seraient pas déclarés correctement, ce qui laisse entrevoir une situation peut-être encore plus confortable qu’elle ne le paraît déjà.

Selon la Cour des comptes, 8 % des journalistes du groupe (dont 24% à France Info et 15 % à France Inter) s’aménageraient en plus un rythme de travail des plus tranquilles : 4 jours de travail suivis de 3 jours de congés… Quant aux musiciens, ils ne travailleraient que 700 heures par an (alors que la convention collective en prévoit 1 100).

Aussi, les salariés de la Maison ronde toucheraient beaucoup d’à-côtés. Primes de fonction pour le travail de nuit, la matinale, ou encore la promotion à un poste de cadre… celles-ci sont nombreuses. Mieux : certains journalistes continuent de percevoir leur prime de nuit alors qu’ils travaillent la journée.

À cela, ajoutez qu’un tiers des salariés bénéficie d’heures supplémentaires. « Cela constitue même un élément permanent de rémunération pour certaines catégories: 71% des techniciens du son en ont perçu en 2013 », notent les magistrats. Ce n’est pas tout : 131 salariés en CDI perçoivent des cachets d’intermittents du spectacle en guise de « complément de rémunération ». Une pratique « d’autant plus condamnable qu’elle ne donne lieu à aucun contrôle ».

Selon la Cour des comptes, les avantages en nature seraient également monnaie-courante à Radio France. Le remboursement des amendes des salariés, pratique pourtant interdite, se pratiquerait régulièrement. Pour ce qui est des voyages, a priori en classe économique, « des incertitudes subsistent sur les dérogations à cette règle ». Quant aux abonnements téléphoniques, « il a fallu un contrôle de l’Urssaf pour que l’usage des portables à titre privé soit encadré ».

Enfin les hauts magistrats terminent leur bilan par le constat d’un sureffectif à plusieurs niveaux. Par exemple, la communication compte une centaine de personnes. Pour les trois antennes FIP en province, qui réalisent pourtant de modestes audiences, on compte 17 personnes et un coût d’un million d’euro par an.

Même constat pour les trois bureaux régionaux d’information (9 équivalents temps plein), dont la « productivité est difficile à établir ». Enfin se pose le problème du très grand nombre de techniciens malgré le passage au numérique de la production. Le groupe compte en effet 582 techniciens du son et 150 chargés de réalisation. « Les effectifs de techniciens affectés à France Inter (41,6 équivalents temps plein, soit 3 millions d’euros de masse salariale) sont d’un niveau inexpliqué, lorsqu’on les compare à ceux de France Info (19), France Culture (14) ou France Musique (11) », explique la Cour.

L’explication est pourtant simple : « cette situation tient à la capacité de cette équipe de techniciens à paralyser l’antenne, comme la grève de janvier 2013 l’a montré »… À noter que tous ces avantages sont exclusivement réservés aux CDI, malgré le fait qu’ils fournissent un volume de travail inférieur d’un tiers à celui des CDD.

À la vue de ce rapport, on comprend mieux désormais pourquoi les salariés titulaires tentent de mettre en avant la situation des précaires qui elle, est réellement inacceptable.
Voir notre infographie de Radio France

Quand TV5 Monde affiche ses mots de passe à la télévision…

claude chollet
Par défaut

Tout juste victime d’une cyber-attaque menée par l’État islamique, TV5 Monde n’a visiblement pas retenu la leçon…

Alors que les caméras de télévision se sont rendues dans les locaux de la chaîne pour couvrir l’événement, les salariés de TV5 Monde n’ont pas pris la peine de retirer les affiches comportant des mots de passe sur les murs de la rédaction.

Ainsi dans le JT de France 2, on a pu voir en arrière plan du journaliste David Delos, interrogé par la chaîne, plusieurs feuilles de papier sur lesquelles étaient inscrits des mots de passe. « Celui de Youtube semble d’ailleurs être… ‘lemotdepassedeyoutube’ », note même @rrêt sur images

Après avoir repéré la bourde et tenté d’entrer le mot de passe en question : « Bingo : l’adresse est la bonne, et le mot de passe était bon… jusqu’à il y a deux heures. De 13 h à 16h30, n’importe quelle personne qui avait vu le JT de 13h de France 2 pouvait donc librement se connecter au compte Youtube de la chaîne et y poster n’importe quelle vidéo », fait remarquer le site de Daniel Schneidermann.

Sans aucun doute, il y a des règles élémentaires de sécurité à revoir chez TV5 Monde...